Société Belge de Gemmologie - Gemmology: cours de gemmologie, matériel de gemmologie

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Les rubis synthétiques d'origines différentes

 Comme vous le savez, les critères du P.S., de l'I.R., des réactions aux U.V.C. et aux U.V.L. ne sont plus du tout déterminants, et comme il n'est pas donné aux bijoutiers - joailliers et même aux gemmologistes de détenir du matériel de laboratoire tels que microscopes electroniques à balayage (M.E.B.), de la spectroscopie Raman, de la résonance magnétique nucléaire et j'en passe. Il nous reste bien sûr l'étude minutieuse des inclusions faisant la spécificité de ces différentes synthèses.

Les plus courantes étant pour le rubis artificiel les fabrications suivantes :

  • VERNEUIL en fabrication fusion - sèche.
  • SEIKOSHA en fabrication de fusion - sèche.
  • DUROS en fabrication en dissolution anhydre ( flux).
  • CHATAM en fabrication en dissolution anhydre (flux).
  • KASHAN en fabrication en dissolution anhydre (flux).
  • RAMAURA en fabrication en dissolution anhydre (flux).
  • KNISCHKA en fabrication en dissolution anhydre (flux).
  • LECHLEITNER en fabrication en dissolution hydrothermale.

Nous vous proposons de revoir en premier lieu les microphotographies de rubis naturels et ce afin que vous puissiez vous remémorer les principaux faciès que la nature nous a donnés d'admirer dans ces jardins de fleurs minérales et, par la suite, nous contrasterons avec des faciès de rubis faits par l'homme.

Microphotographies numérotées de 1 à 10 :

N°1
 Rubis naturel dit "Birman" en taille "cabo" avec inclusions d'aiguilles extra-fines de Ti02, croisées à 120° et 60°. Ces aiguilles sont très courtes également
 
N°2
 Rubis naturel dit "Birman", ultra-fines aiguilles de rutile provoquant la diffusion de la lumière par leurs orientations et les différents niveaux d'épaisseur de ces dites aiguilles.
 
N°3
 Birman avec inclusions solides d'apatites hexagonales (Cl, F OH) Ca5 (PO4)3
 
N°4
 Birman avec inclusions de Pyrites (FeS2) en lumière incidente.
 
N°5
 Sri-Lanka : en taille "cabo" contenant des aiguilles de rutile longues à 60° et 120°.
 
N°6
 Sri-Lanka : décrépitude d'un tube de croissance avec épanchement de fluide après traitement thermique à haute température (env. 1800°).
 
N°7
 Sri-Lanka ; tube de roissance et givre de guérison en phase finale. La finesse de cette lacune cristalline n'a pas de comparaison possible avec les résiduts de flux des rubis artificiels
 
N°8
 Siam : lacunes cristallines appelés givres et formant des libelles de fluides anastomosées et non-anastomosées. on y trouve fréquemment des biphases liquide - gaz.
 
N°9
 Siam : à gauche de cette image, des microcristaux négatifs. A droite : coup de chaleur avec inclusion lamellaire de mica blanc (muscovite). A Midi, une biphase (thermie).
 
N°10
 Siam : une grande aiguille de Boëhmite (Al OOH) en forme de vrille (vis) noyée dans la décrépitation de tubes de croissance provoquée par la thermie.

Quelques conseils afin de permettre de différencier le naturel de l'artificiel :

Birman :
Aiguilles de rutile courtes et très fines donnant parfois un effet soyeux. Elles sont croisées à 120° - 60° - Lignes de macles - Bulles de CO2 souvent dans des cristaux négatifs monophasés - Bulles de retrait souvent provoquées par la thermie.
Inclusions solides : de calcite CaCO3 - Rhomboédrique ; de dolomite hexagonal CaCO3Mg ; d'apatite hexagonale (Cl, F OH) Ca5 (PO4)3 ; de pyrhotite hexagonal FeS ; de sphalérite cubique ZnS ; de spinelle cubique MgAl2O4 ; de titanite CaTiSiO4 (sphène) monoclinique.

Sri-Lanka :
Plaque de mica noir à brun, appelé Biotite ; Aiguilles de rutile longues également croisées à 120° - 60° ; Inclusions de zircon avec leurs halos de tension provoquant des fissures dans le minéral hôte ; Plumes délicates ou ailes de papillons ou de mouches, qui est le résultat des lacunes cristallines en formes de givres, de fluide cicatrisé ou non et formant souvent des cavités anastomosées ou non-anastomosées, contenant des biphases et moins souvent des triphases.

Siam :
Lignes polysynthétiques, partiellement en forme de givres (fractures de croissance) ; Cristaux négatifs ou massifs provenant de reliques magmatiques (verre de silice en monophase et biphase) ; Plans de forme de halos de décrépitude avec une diffusion de couleurs provenant de la variation dépaisseur de ces films de fluides ; Cristaux d'apatite ; Cristaux de grenats, de plagioclase (albite NaAlSi3O8) ; Aiguilles de Boëhmite (AlOOH) qui suivent trois directions à angle droit ; Profusion de films très minces en biphases microscopiques régénérant des interférences de couleurs, en lumière incidente uniquement.

Tanzanite :
Cristaux automorphes d'apatite hexagonale ; Aiguilles de Boëmite qui, comme les aiguilles de rutile, peuvent se trouver en décrépitude naturelle dans le rubis de Umba ; La décrépitude peut également provenir de cristaux de rutile (pas nécessairement des aiguilles) ; Plans de macles lamellaires, caractéristiques du rubis de Tanzanie.

Kenya :
Fractures complexes (lacunes cristallines) en forme de givre tourbillonnant et en forme conchoïdale, avec dichroïsme important et de couleur rouge pourpre à rose clair ; Zones laiteuses provoquées par la décrépitude d'aiguilles de rutile très denses et qui empêche la lumière de pénétrer dans la pierre et de se réfléchir ainsi dans l'oeil de l'observateur.

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